EN MEME TEMPS, TOUTE LA TERRE ET TOUT LE CIEL- Ruth OZEKI

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Entre réalité et imaginaire, une rencontre littéraire bouleversante entre deux femmes en quête d’identité. Puisant dans la tradition des « I-Novels » japonais, un roman à tiroirs empreint de questionnements métaphysiques, mais aussi humanistes et écologiques, auquel se mêle une troublante réflexion sur le temps, le langage, la méditation et l’Histoire. Dans la lignée de Murakami, un bijou littéraire original, à la fois profond et plein d’humour, intime et universel.

Dans la lignée de Murakami, un bijou littéraire original, inspiré des « I-Novels » japonais, porté par une construction virtuose. Entre imaginaire et réalité, une œuvre à la fois profonde et pleine d’humour, intime et universelle, assortie d’une formidable réflexion sur le temps et l’Histoire. Le sac en plastique avait échoué sur le sable de la baie Désolation, un de ces débris emportés par le tsunami.

À l’intérieur, une vieille montre, des lettres jaunies et le journal d’une lycéenne, Nao. Une trouvaille pleine de secrets que Ruth tente de pénétrer avant de réaliser que les mots de la jeune fille lui sont destinés… Depuis un bar à hôtesses de Tokyo, Nao raconte des histoires : la sienne, ado déracinée, martyrisée par ses camarades ; celle de sa fascinante aïeule, nonne zen de cent quatre ans ; de son grand-oncle kamikaze, passionné de poésie ; de son père qui cherche sur le Net la recette du suicide parfait.

Des instants de vie qu’elle veut confier avant de disparaître. Alors qu’elle redoute de lire la fin du journal, Ruth  s’interroge : et si elle, romancière en mal d’inspiration, avait le pouvoir de réécrire le destin de Nao ? Serait-il possible alors d’unir le passé et le présent ? La terre et le ciel ?

Il se crée parfois un rapport très ambigu entre un roman et son lecteur, une attirance mêlée d’un soupçon de méfiance qui débouche de temps à autre sur une très jolie rencontre, de superbes heures de lecture pendant lesquelles le temps est presque suspendu. Mais le temps, celui du quotidien vous rattrape souvent, et les mots du roman doivent être très forts, vous toucher au plus profond, vous parler, vous murmure, vous rudoyer parfois pour que vous balayiez d’un revers de main ce quotidien et leur reveniez vite.

Les mots de Ruth Ozeki n’ont semblent-ils pas eu cette force, cette puissance pour me donner envie de les retrouver. Je l’avoue je ne suis pas allée au bout de ce roman qui mêle pourtant avec justesse les cultures américaines et japonaises, qui aborde avec poésie les grandes questions métaphysiques, mais aussi les maux qui gangrènent nos sociétés contemporaines. La construction du récit est là aussi magnifique, complexe et paradoxalement d’une légèreté qui invite à la plénitude. Les personnages Ruth et Nao comme Jiko la sage nonne arrière-grand-mère sont incarnés, et attachants… Alors quoi, qu’est-ce qui m’a empêchée de revenir vers ce roman ? Le manque de corps et de coffre, me semble-t-il. À la lecture de ces 400 pages me saute aux yeux que je ne suis pas faite pour ce genre de littérature, j’ai besoin de mots qui décrivent la réalité brutale sans fard et sans fioriture, que les mots claquent, qu’ils décrivent au plus juste, sans enjoliver, sans mentir, sans cette poésie qui m’a presque paru enfantine.

Voilà, c’est écrit je ne suis pas la lectrice des romans joliment poétiques dans lesquels réalité et imaginaire se mêlent. Manque de finesse d’esprit de la lectrice que je suis ? Peut-être… Mais je reviendrai vers ce roman, pour continuer à explorer ce type de littérature à laquelle je suis pour le moment quelque peu hermétique, et parce que Ruth Ozeki a tout de même réussi à me prendre dans ses filets, j’ai au bout des doigts le regret amer de ne pas avoir tourné les 604 pages que comptent ce livre, et l’envie de me dépasser et de connaître l’issue de En même temps, toute la terre et le ciel ne cessent de me tarauder.

Edition présentée : En même temps, toute la terre et tout le ciel, Ruth Ozeki

Belfond

2013, 604 p.

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