LES DISPARUS DU PHARE – Peter MAY

Rejeté par les vagues, un homme reprend connaissance sur une plage. Tétanisé par le froid, le cœur au bord des lèvres, frôlant dangereusement le collapsus. Il ignore où il se trouve et surtout qui il est ; seul affleure à sa conscience un sentiment d’horreur, insaisissable, obscur, terrifiant. Mais si les raisons de sa présence sur cette île sauvage des Hébrides balayée par les vents lui échappent, d’autres les connaissent fort bien. Alors qu’il s’accroche à toutes les informations qui lui permettraient de percer le mystère de sa propre identité, qu’il s’interroge sur l’absence d’objets personnels dans une maison qu’il semble avoir habitée depuis plus d’un an, la certitude d’une menace diffuse ne cesse de l’oppresser. Muni, pour seuls indices, d’une carte de la route du Cercueil qu’empruntaient jadis les insulaires pour enterrer leurs morts, et d’un livre sur les îles Flannan, une petite chaîne d’îlots perdus dans l’océan marquée par la disparition jamais élucidée, un siècle plus tôt, de trois gardiens de phare, il se lance dans une quête aveugle avec un sentiment d’urgence vitale.
Revenant à l’archipel des Hébrides où il a situé sa trilogie écossaise, Peter May nous emporte dans la vertigineuse recherche d’identité d’un homme sans nom et sans passé, que sa mémoire perdue conduit droit vers l’abîme.

Les disparus du phare - Peter May - couverture roman - Meelly lit

Les paysages véritable personnage du roman

L’air iodé, les embruns, le goût du sel et ce vent froid et humide qui s’insinue partout en vous et vous ébouriffent les cheveux. Pas de doute, nous sommes dans un roman de l’écossais Peter May. Un roman noir dans lequel il installe mieux que personne le cadre. Et rares sont les auteurs qui vous permettent de vous projeter avec autant de réalisme au cœur même des paysages de l’intrigue.

Les paysages, les iles Hébrides sont des personnages à part entière de ce roman qui n’est pas sans faire penser à  La mémoire dans la peau  de Robert Ludlum : un homme qui a perdu la mémoire, tente avec le peu d’indices dont il dispose de découvrir qui il est.

Une écriture poétique

Ce qui frappe dans ce roman policier et que l’on retrouve peu dans les romans du même genre, c’est la superbe écriture de Peter May à la fois classique et pleine de poésie.  Le lecteur y est comme isolé du reste du monde, dans une bulle fabriquée par l’auteur, sa plume délicate atténue les images trop violentes qui pourraient s’imprimer sur la rétine du lecteur comme pour mieux le préserver.

Conscience écologique

Les disparus du phare  est un roman policier de facture classique qui emporte plus par l’ambiance qu’il décrit que par son intrigue, une intrigue  néanmoins non dénuée d’intérêts notamment par ce qu’elle s’appuie sur des théories scientifiques que l’auteur a su mettre à la portée des lecteurs et parce qu’on y ressent une véritable et sincère conscience écologique.

Il souffle sur ce roman, le vent des Hébrides auxquels il est difficile de résister.

Édition présentée : Les disparus du phare, Peter May (traduit de l’écossais par Jean-René Dastugue)

Le rouergue

ISBN :9782812610646

2016, 320 p. (22.50 euros) disponible au format numérique

L’auteur : Né en 1951 à Glasgow, Peter May a été journaliste, puis brillant et prolifique scénariste de la télévision écossaise. Il vit depuis une dizaine d’années dans le Lot où il se consacre à l’écriture. Sa trilogie écossaise – L’Île des chasseurs d’oiseaux, L’Homme de Lewis et Le Braconnier du lac perdu –, initialement publiée en français par les Éditions du Rouergue, a conquis le monde entier.

 

 

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L’EXPÉDITION – Monica KRISTENSEN

L’inspecteur de police Knut Fjeld est en poste dans l’archipel du Svalbard. Il reçoit un appel au secours en provenance du 87e parallèle nord. Une expédition norvégienne est touchée par une épidémie inexplicable qui frappe hommes et chiens. Le chef de l’expé­dition refuse cependant d’abandonner : le but, le pôle Nord, doit être atteint à tout prix. Knut Fjeld est un homme expérimenté et n’a guère le choix. On le dépose en plein désert arctique pour rejoindre cette expédition à la dérive, et la pression ne cesse d’augmenter au fur et à mesure que les hommes s’approchent du pôle. Dans l’ombre guette un danger dont personne ne peut imaginer l’envergure.

l'expédition- monika kristensen - polar norvégien - gaia

L’expédition est un polar polaire passionnant à dévorer sous un plaid avec une bonne tasse de thé…

Volonté de casser un mythe, celui de l’explorateur extrêmement bien préparé, prêt à braver tous les dangers, à se dépasser par amour de l’aventure ou hommage aux récits des expéditions polaires du début du 20e siècle  ? Ce polar venu du froid ne le dit pas, mais il n’en est pas moins passionnant.

Un auteur qui connaît bien son sujet

L’auteur de L’expédition n’est pas une néophyte, elle connaît bien son sujet : glaciologue, elle fut la première femme à diriger une expédition en Arctique. Ceci explique sûrement pourquoi ce polar addictif écrit au scalpel  propose des descriptions d’une précision et d’une rigueur quasi scientifique qui transportent littéralement le lecteur au 87e parallèle nord.

Monika Kristensen plonge son lecteur au cœur d’une expédition mal préparée dont les membres persistent à rejoindre le pôle Nord alors que tout se ligue contre eux.

Un huis clos sur la banquise

L’expédition est un huis clos angoissant dont l’intensité ne cesse de croître. La construction du roman n’y est pas étrangère puisque l’auteur y alterne les pensées les plus intimes de l’un des protagonistes qui livre une confession glaçante de la préparation incomplète de l’expédition avec le quotidien des explorateurs en prise avec le froid, l’humidité, le vent, la solitude et ce silence ouaté qui rendrait fou n’importe quel humain.

Impossible pour le lecteur de ne pas être happé par la beauté de la banquise comme  par le récit de cette expérience qui vire au fiasco, de ces esprits qui s’échauffent, des rivalités qui se font jour et qui empoisonnent au sens propre comme au sens figuré cette expédition mortelle.

Nul besoin d’être un passionné de récits d’expédition ou de roman d’aventures pour tomber dans les filets de Monika Kristensen. Il suffit  de se laisser porter par ce polar palpitant qui instruit autant qu’il divertit !

Édition présentée:L’expédition – Monika Krinstensen (Loup-Maëlle Besançon pour la traduction)

Gaïa Polar

ISBN : 9782847207231

2016, 320 p. (21 euros) disponible au format numérique

L’auteur :Monica Kristensen  est née en Suède et a grandi en Norvège. Glaciologue, elle est la première femme à avoir dirigé une expédition en Antarctique. Elle vit actuellement à Oslo.

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