LE GOÛT DU VENT SUR LES LÈVRES – Cédric MORGAN

Louane vit à Belle-Ile-en-Mer chez Marlène, sa mère adoptive. Surdouée, mais réfractaire au système scolaire, elle s’apprête à passer le bac en candidate libre à douze ans. Toujours par monts et par vaux sur les sentiers côtiers, elle communie avec le vent, le soleil, les tempêtes. Née sous X, elle porte en elle une absence : l’identité de sa vraie mère.
Dans la chambre d’hôte que tient Marlène débarque un jour un homme d’une cinquantaine d’années, Guillaume, dont le comportement intrigue Louane. Le visiteur arpente toujours les mêmes lieux de l’île, pose des questions étranges, dit remonter les traces d’un jeune garçon, « colon » de l’ancien bagne d’enfants.
Louane écoute avec constance les propos des uns et des autres ; elle sait que la vie qu’on raconte est plus intéressante que celle qu’on vit. De même, au passé de Belle-Ile s’entremêlent ses légendes ; aux souvenirs, nos lectures et nos rêves.

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La nature possède le pouvoir de réconforter les êtres que la vie a profondément blessés et Cédric Morgan à travers Le goût du vent sur les lèvres, le démontre d’une bien jolie façon.

Si l’asphalte des trottoirs des villes vous est indispensable, si le brouhaha mélange de circulation et de klaxons résonnent comme une jolie mélodie à vos oreilles, si vous n’êtes pas ému lorsque vous respirez à plein poumon l’air iodé du bord de mer breton, passez votre chemin ce roman n’est pas pour vous.

Il faut être sensible à ce que nous offre la nature pour apprécier la poésie du roman de Cédric Morgan à sa juste valeur, car dans Le goût du vent sur les lèvres, c’est elle le véritable personnage central. L’auteur possède la faculté de faire ressentir au lecteur, et ce avec seulement quelques mots minutieusement agencés, le climat, les paysages de l’île, mais aussi la vie de village de ces insulaires dont il a fait ses personnages.

Pour se couler dans les pas de l’auteur, pour apprécier la moelle de ce roman, il faut accepter de se laisser porter par le doux rythme qu’il a choisi d’imposer, par le temps du roman. Il en avertit d’ailleurs le lecteur sans ambages en glissant dans le livre une citation de Kundera punaisée par Louane au mur de sa chambre « Le roman est ennemi de la vitesse, la lecture doit être lente et le lecteur doit rester sous le charme d’un paragraphe, d’une phrase même. »

Le goût du vent sur les lèvres est un roman sensible et empreint d’une mélancolie qui accompagne le lecteur tout au long de sa lecture. Un doux roman sur la quête des origines dans lequel les personnages se dévoilent par petites touches.

Un roman presque fragile dans lequel les silences entre les mots les subliment…

 

Édition présentée : Le goût du vent sur les lèvres, Cédric Morgan

Domaine Français, Les Escales

ISBN : 9782365692663

2017, 256 p. (18.90 euros) disponible au format numérique

L’auteur : Cédric Morgan partage sa vie entre la Bretagne et la région parisienne. Il a créé et animé une revue de poésie, Incendits, dans laquelle ont écrit Hedi Kaddour et Roger Goffette. Il est par ailleurs l’auteur de nombreux romans, dont Le Bleu de la mer (Phébus, 2003), Oublier l’orage (Phébus, 2005) et Une femme simple (Grasset, 2014, Prix Bretagne 2015).

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