ET PROPOSE SON BILAN DU MOIS DE JUIN

 

Un bilan du mois de juin en demi-teinte. J’ai lu beaucoup moins de livres qu’habituellement. La faute au très émouvant roman d’Harold Cobert  « Dieu surfe au Pays basque » qui a pour thème  une paternité en devenir brutalement interrompue. Ce très joli roman m’a empêché de me replonger dans un autre livre pendant plusieurs jours. Je n’aurai jamais lu ce livre si Eulimène du salon des lettres n’avait pas fait un billet sur sa désillusion à la lecture de « La mémoire des murs » de Tatiana de Rosnay. Il s’en est suivi un échange « twitteurien » entre Eulimène, Tatiana de Rosnay et votre « serviteuse ? » au cours duquel cette célèbre auteure nous a vivement conseillé de découvrir les livres d’Harold Cobert. Au passage, j’en ai également profité pour découvrir « La mémoire des murs » que j’ai apprécié comme beaucoup des romans de Tatiana de Rosnay . Et j’ai trouvé très sympathique et enrichissante cette interactivité entre blogueuses et auteurs.  J’ai également beaucoup aimé            « L’impossible pardon » un livre que j’ai eu l’opportunité de gagner et de choisir lors d’un concours du livre de poche, un livre chaudement recommandé dans le catalogue de cet éditeur par (encore !! ) Tatiana de Rosnay. En écrivant ces lignes, je me rends compte que ce mois de juin a pas mal tourné autour de cette auteure.

Pour une mordue de polar et de thriller comme moi, le ratio lecture de polar/ensemble de mes lectures est très faible ce mois-ci. Je crois que l’absence de soleil  m’a poussé à éviter les histoires trop sombres. Une mention spéciale tout de même  à « Sorry » un thriller dérangeant mais assez novateur dans son style, le livre de poche a d’ailleurs repris un extrait de ma chronique sur leur site 🙂  . Par contre j’ai été très déçue par « Tu ne te souviendras pas » de Sébastian Fitzek dont j’ai trouvé l’histoire cousue de fils blancs.

Puisque « Dieu surfe au Pays basque » m’a coupé toutes envies de lire pendant plusieurs jours, j’en ai profité pour regarder la télévision. Et j’ai découvert avec plaisir l’adaptation anglaise d’Orgueils et préjugés de Jane Austen diffusée sur Arte.  Comme je suis à l’affût de toutes les sorties littéraires, je n’ai pu résister à la tentation de lire la suite des aventures de Mr Darcy et de Miss Benett proposée par PD James, et je suis re-tombée sous le charme de tous les personnages austinien auxquels P.D James a su redonner vie avec beaucoup de talent dans « La mort s’invite à Pemberley ». Lorsqu’il s’agit de livres, vous le découvrirez très vite, je suis d’une impatience rare, je n’ai pas pu attendre de passer chez un libraire acheter le livre papier et je l’ai acheté dans sa version numérique. Au final je m’aperçois que je n’ai lu qu’un seul roman ce mois-ci dans ce format.

 

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L’IMPOSSIBLE PARDON – Randy Susan MAYERS

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L’ordre de la maman de Lulu était formel : ne surtout pas ouvrir à son père. Mais lorsqu’on a dix ans et que votre papa vous supplie de l’autre côté de la porte, il est difficile de ne pas céder. Malheureusement, ce n’est pas le papa qu’elle connaît et qu’elle aime qui pénètre dans l’appartement mais un homme radicalement différent : alcoolisé et hors de lui il poignarde sa femme et blesse grièvement la petite Merry âgée de six ans. Après l’emprisonnement de leur père les deux fillettes vont être confiées à leur grand-mère puis finalement envoyées dans un orphelinat avant d’être recueillies par une famille aisée qui, malgré leurs bonnes intentions ne parviendront jamais à les considérer comme leurs propres filles. Lulu et Merry vont pourtant grandir envers et contre tous. Elles vont néanmoins se construire de façon radicalement différente: l’une en niant ce père dont elle ne veut plus entendre parler et en construisant sa propre famille, l’autre en lui rendant visite régulièrement mais sans parvenir à avancer dans sa propre vie.

Si l’histoire de ces deux jeunes sœurs n’est pas forcément des plus originales (les difficultés de jeunes orphelines ont  souvent été abordées dans la littérature) j’ai trouvé la construction du récit et la psychologie des personnages particulièrement intéressantes.

La construction du roman permet au lecteur de suivre les deux sœurs sur une trentaine d’années ce qui laisse à l’auteur tout le loisir d’approfondir les stigmates laissées par le crime du père chez ses filles. Lulu, l’aînée qui culpabilise de n’avoir pu empêcher le massacre de sa mère et les blessures de sa jeune sœur va renier son père et va même, pour protéger ses deux petites filles, jusqu’à inventer un mythe familial : son père et sa mère ont péris dans un accident de voiture. Merry quant à elle, va régulièrement visiter son père en prison pendant trente ans, alors que celui-ci ne lui a jamais réellement demandé pardon. Petite, elle va le voir avec sa grand-mère apeurée, adulte elle continue à aller voir ce père qui refuse de reconnaître qu’il a hypothéqué l’avenir de de ses filles.

J’ai beaucoup aimé la façon dont Randy Susan Meyers décrit la psychologie des deux héroïnes . Je trouve qu’elle sonne très juste. En effet, si les deux sœurs construisent (ou se refusent à construire d’ailleurs) leur vie de manière radicalement différentes, l’on voit tout de même qu’elles ne peuvent se construire qu’en réaction au drame qu’elles ont vécu. L’auteur est très habile pour faire sentir au lecteur ce « déterminisme ». Ainsi, Lulu -qui culpabilise de ne pas avoir sauvé sa mère et sa sœur- est médecin pour pouvoir éviter aux autres de mourir, Merry est quant à elle agent de probation dont la mission est d’éviter à de jeunes adultes la prison. Deux choix de profession qui sont liés au drame qu’elles ont vécus, même si c’est de façon très différentes. Et lorsque qu’elle introduit deux événements qui vont bouleverser l’ordre établit comme dans la vraie vie, et faire que Lulu et Merry vont réenvisager leur vie personnelle et professionnelle de manière quelque peu différente.Randy Susan Meyers ancre davantage ces deux héroïnes dans la réalité et permet à ces deux évènements de solder le douloureux passé des protagonistes.

Je vous recommande ce livre au style fluide que j’ai dévoré, et qui est surtout à mon sens beaucoup plus riche qu’un simple livre de plage.

 

LES PETITES PHRASES :

  • « Maman était restée figée à l’âge de la mort. Lulu avait maintenant le même âge que maman quand elle était morte, mais à vingt-neuf ans, elle faisait plus jeune que le souvenir que je gardais de ma mère. La mort ajoutait des années à l’image que je me faisais d’elle. A tout jamais, elle resterait l’adulte et moi l’enfant. »
  • « Les enfants vous suçaient le sang, les molécules qui alimentaient leur maturation siphonnaient directement l’adulte responsable qui se trouvait près d’eux. »

Edition présentée : L’impossible pardon, Randy Susan Meyers

Le livre de poche
2012, 502 p.

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