LE PARFUM DE L’HELLÉBORE – Cathy BONIDAN

le parfum de l'hellebore - cathy bonidan - editions de la martinière

Derrière les grilles du centre psychiatrique Falret, s’épanouissent les hellébores, ces fleurs dont on pensait qu’elles soignaient la folie. Est-ce le secret de Serge, le jardinier taciturne qui veille sur les lieux, pour calmer les crises de Gilles ? Toujours est-il que le petit garçon, autiste de onze ans, s’ouvre au monde en sa présence.

Deux jeunes filles observent leur étrange et tendre manège, loin des grandes leçons des médecins du centre. Anne a dix-huit ans, c’est la nièce du directeur. Fuyant un passé compromettant, elle a coupé tout lien avec ses proches, si ce n’est sa meilleure amie, avec qui elle correspond en cachette.

Elle se lie d’amitié avec Béatrice, malicieuse jeune fille de treize ans, qui toise son anorexie d’un œil moqueur, pensant garder le contrôle des choses.

Mais rien ne va se passer comme prévu.

Dans ce roman lumineux et plein d’espérance, les destins de chacun vont se croiser, entre légèreté et mélancolie.
La vie réserve heureusement bien des surprises.

Les plus belles surprises viennent parfois des romans que l’on n’attend pas. Rien n’est plus jubilatoire pour un lecteur que lorsque l’alchimie opère entre les mots, l’histoire et les personnages issus de l’imagination de l’auteur. Il est difficile de définir ce petit état de grâce ressenti lorsqu’un roman vous emporte au-delà de ce que vous pouviez imaginer, et c’est un état suffisamment rare pour que le lecteur en chérisse longtemps le souvenir.

Un premier roman maîtrisé

Ce petit état de grâce, je l’ai éprouvé à la lecture de Le parfum de l’hellébore le roman de la Vannetaise Cathy Bonidan. Un premier roman si maîtrisé, que l’auteur parvient à s’effacer totalement derrière ses personnages auxquels elle prête vie. Ce ne sont pas les mots de Cathy Bonidan qui vous atteignent, mais la voix d’Anne et de Béatrice qui racontent l’une à son journal intime, l’autre à sa plus proche amie sous une forme épistolaire, leur quotidien au sein d’un hôpital psychiatrique au début des années 1960.

Une très grande délicatesse émane de ce livre à la construction particulière puisqu’elle contraint le lecteur à quitter des personnages auxquels il s’était infiniment attaché pour les retrouver à travers les yeux d’une jeune étudiante qui part sur leur trace près de soixante ans plus tard. Le lecteur éprouve un réel déchirement à ne pas savoir pendant un temps ce que deviennent les deux héroïnes. S’immerger dans la seconde moitié du roman et partir à la rencontre de nouveaux personnages est difficile dans les toutes premières pages, mais il est aisé de s’attacher à Sophie et aux deux frères qui la soutiennent dans sa recherche sur les pensionnaires  du centre psychiatrique Flaret, en outre l’ombre rassurante d’ Anne et Béatrice plane dans chacune des pages.

Des thèmes passionnants

Si Le parfum de l’hellébore est ourlé d’une douce mélancolie, il n’en aborde  pas moins avec beaucoup de clairvoyance des thèmes passionnants comme la place de la femme dans la société des années 60 et l’émergence du féminisme, mais aussi les prémices de la prise en charge des maladies qui relèvent du champ de la psychiatrie comme l’autisme et l’anorexie. Le destin d’Anne n’est d’ailleurs pas sans faire penser à celui de Françoise Dolto.

Ce premier roman est un véritable petit bijou qui ausculte avec bienveillance ces rencontres qui forgent une vie, un avenir, une destinée. Un fantastique roman qu’il faut découvrir, une très jolie plume qu’il faudra suivre…

Édition présentée : Le parfum de l’hellébore, Cathy Bonidan

Éditions de la Martinière

ISBN : 9782732472515

2017, 304 p. (18 euros)

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