STATION ELEVEN – Emily ST. JOHN MANDEL

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Dans un monde où la civilisation s’est effondrée suite à une pandémie foudroyante, une troupe d’acteurs et de musiciens nomadise entre de petites communautés de survivants pour leur jouer du Shakespeare. Un répertoire qui en est venu à représenter l’espoir et l’humanité au milieu de la désolation.

Le roman évènement de la rentrée littéraire, finaliste du National Book Award aux Etats-Unis, qui fera date dans l’histoire de la littérature d’anticipation.

S’il ne fallait garder qu’un roman de littérature étrangère édité en 2016 ce serait celui-là : Station Eleven . Ce roman post-apocalyptique est un véritable bijou dans lequel la jeune auteur canadienne démontre avec une virtuosité folle que seul l’art est capable de sauver notre humanité, car lui seul persiste lorsque tout a disparu.

Emily St. John Mandel, fait s’entremêler  dans ce roman choral deux époques  : celle qui a précédé « La catastrophe », cette pandémie de grippe qui a anéantit 99 % de la population et celle d’après dans laquelle tout s’est arrêté, plus rien ne fonctionne, toute trace de modernité a disparu.

Un monde hostile et désolé

Dans ce nouveau monde post-apocalyptique hostile et désolé, les survivants n’ont pour seul choix  que de s’adapter. Une troupe de théâtre itinérante composé de comédiens et de musicien passe de groupe de rescapés en groupe de rescapés pour tenter en jouant pièces et symphonies de maintenir l’espoir en pratiquant leur art, la seule chose qu’il leur reste, et que la pandémie n’a pu endommager.

Avec beaucoup d’intelligence, l’auteur relate la manière dont  les rescapés de la pandémie redécouvrent les gestes des premiers hommes pour s’alimenter, se chauffer, tout en conservant les souvenirs d’une civilisation décimée dans laquelle la technologie était intimement liée à la vie.

Un roman hypnotique

Emily St John Mandel aurait pu faire de ce roman, un texte sombre dépourvu d’espoir, et c’est pourtant tout le contraire qu’elle propose au lecteur. Certes, certaines situations, scènes sont violentes, déchirantes, l’ambiance est souvent lourde, pourtant il se dégage de ce texte une poésie et une mélancolie qui marque profondément.

Ce roman hypnotique à la construction particulière et parfaitement maîtrisé, laisse le lecteur dans un état de profonde réflexion sur notre société et sur l’angoisse, l’anéantissement qu’engendre la perte de repères. Mais il est aussi source d’espoir, car il démontre que l’homme même brisé trouve les ressources pour s’adapter et que l’art sous toutes ses formes est le plus puissant, car il  perdure à tout jamais.

Station Eleven est un roman comme il en existe peu, un roman qui marque profondément la vie d’un lecteur et l’accompagne très longtemps.

Édition présentée : Station Eleven, Emily St. John Mandel

Rivages

ISBN : 9782743637552

2016, 480 p. (22 euros) Disponible au format numérique

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4 commentaires

  1. Entièrement d’accord, ce roman me suit quelques semaines après sa lecture. Roman de science-fiction, mais réaliste. Car il ne parle pas d’un monde fantasmé dans un autre espace-temps aux gadgets et technologies surprenantes, mais de notre civilisation réduite à néant. Une très très belle découverte.

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