SUCRE NOIR – Miguel Bonnefoy

Dans un village des Caraïbes, la légende d’un trésor disparu vient bouleverser l’existence de la famille Otero. À la recherche du butin du capitaine Henry Morgan, dont le navire aurait échoué dans les environs trois cents ans plus tôt, les explorateurs se succèdent. Tous, dont l’ambitieux Severo Bracamonte, vont croiser le chemin de Serena Otero, l’héritière de la plantation de cannes à sucre qui rêve à d’autres horizons.

 Au fil des ans, tandis que la propriété familiale prospère, et qu’elle distille alors à profusion le meilleur rhum de la région, chacun cherche le trésor qui donnera un sens à sa vie. Mais, sur cette terre sauvage, la fatalité aux couleurs tropicales se plaît à détourner les ambitions et les désirs qui les consument.  

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Miguel Bonnefoy : un auteur-conteur

Il semble que parmi les 581 romans qui vont s’étaler sur les tables de nos libraires d’ici à la fin octobre, on compte un peu moins d’autofictions que les années passées – et à titre personnel je trouve que cela n’est pas plus mal. Cette rentrée plus que les précédentes, fait la part belle aux auteurs-conteurs, à ces fabuleux auteurs qui en une phrase vous embarque dans leur monde, dans des histoires créées de toutes pièces, sorties tout droit de leurs imaginations fertiles. Et s’il est bien un auteur-conteur en cette rentrée 2017 c‘est bien Miguel Bonnefoy.

J’ai découvert ce jeune auteur franco-vénézuélien au moment de la sortie de son si coloré premier roman Le voyage d’Octavio, dans lequel il empruntait déjà les codes de plusieurs genres littéraires : aux contes, aux fables et aux mythes sud-américains. Et c’est un nouveau voyage que nous propose Miguel Bonnefoy avec Sucre noir, une quête, celle d’un trésor enfouis, qui suscite l’envie d’hommes et de femmes et qui mènera certains d’entre eux aux confins de la folie.

Un roman envoûtant

Sucre noir est un roman envoûtant porté par une superbe langue, pleine du soleil vénézuélien. Une langue qui vous enveloppe et vous emporte loin, de l’autre côté de l’Océan Atlantique. Cette saga familiale qui fait la part belle aux personnages féminins auxquels Miguel Bonnefoy consacre de magnifiques portraits, est une déclaration d’amour aux traditions vénézuéliennes. Une ode à tous ceux qui, pendant des centaines d’années, ont cultivé la terre qui a nourri ceux qui ont su l’aimer, et qui ont perpétué cette tradition.

Une invitation au voyage

Le pouvoir évocateur de roman est incroyable, chaque mot, chaque couleur, chaque paysage, chaque visage que décrit Miguel Bonnefoy s’impriment immédiatement sur la rétine du lecteur ; chaque son, chaque goût, chaque odeur sont immédiatement perçus, ressentis par un lecteur émerveillé.
Sucre noir fait voyager le lecteur, tous ses sens sont mobilisés afin de profiter de la plus belle des façons à cette invitation au dépaysement.

Un style qui à l’instar du rhum se bonifie

J’ai dévoré Sucre noir avec le même ravissement  éprouvé lors de ma lecture de Le voyage d’Octavio. Avec ce second roman Miguel Bonnefoy, démontre même que, comme le bon rhum son style s’est bonifié. Si ce dernier portait déjà de superbe façon Le voyage d’Octavio, il est ici davantage maîtrisé, la langue toujours aussi poétique est plus mesurée et donne la sensation d’un roman totalement abouti.

Sucre noir est l’une des très belles pépites de cette rentrée !

Édition présentée : Sucre noir, Miguel Bonnefoy

 Rivages

ISBN : 9782743640576

2017, 200 p. (19.50 euros) disponible au format numérique

Et aussi sur Bric à Book  et  Sur la route Jostein

L’auteur : Finaliste du Goncourt du Premier Roman et lauréat de nombreuses distinctions (dont le prix de la Vocation, le prix des cinq continents de la francophonie « mention spéciale »), Miguel Bonnefoy est l’auteur du très remarqué Voyage d’Octavio (Rivages, 2015), qui a été traduit dans plusieurs langues.

 

 

 

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6 commentaires

    1. J’ai lu son premier roman dans le cadre du prix orange il y a deux ans. J’avais adoré. J’avais fait une orgie de lecture (près de 70 romans en quelques semaines seulement), et il fait partie des quelques romans dont je n’ai rien oublié. J’attends ton avis avec impatience, et tu as bien raison de le garder pour cet hiver 🙂

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