« Dis, c’est comment de travailler dans une grande librairie ? »

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Depuis que j’ai le bonheur de travailler dans une grande librairie, il n’est pas un mois sans que des personnes de mon entourage ou sur les réseaux sociaux ne me disent « Tu as de la chance, j’ai toujours rêvé de travailler dans une librairie » ou ne me demandent :  « Alors, comment ça fait de travailler dans une librairie ? »  Je vous raconte ?

J’ai de la chance de travailler dans un tel lieu,  j’en suis consciente, et croyez-le ou pas je me le répète comme un mantra chaque jour lorsque je pénètre dans ce lieu magique par une petite porte bien avant l’ouverture au public.

Le privilège de réveiller les livres

Car oui, j’ai ce privilège – et je crois que jamais je ne m’en lasserai –   d’être l’une des premières, avec quelques collègues, d’entrer dans la librairie le matin et de  pouvoir « réveiller les livres », expression que j’emprunte à l’une de mes amies que certains d’entre vous reconnaîtront sûrement.

Aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours rêvé de me retrouver seule dans une librairie, d’être enfermée en son sein et d’avoir, l’espace de quelques heures, pour seule compagnie les livres, c’est ce que je vis chaque matin. Qui a dit que les rêves ne devenaient jamais réalité ?

Me promener dans la librairie le matin, alors qu’aucun client n’a encore franchi le seuil de la librairie, est un plaisir tous les jours renouvelé puisque mes collègues en charge des rayons refont leurs tables quotidiennement,  j’ai ainsi la chance de pouvoir saluer chaque nouveau livre, le plaisir d’en lire les quatrièmes de couverture dans le silence et en humant le parfum de l’encre à peine sèche et du papier blanc, qui jamais encore n’a été feuilleté. Le plaisir aussi de pouvoir leur chuchoter, à ces petits nouveaux intimidés, effrayés par leurs illustres voisins, que tout va bien se passer, qu’ils sont entre de bonnes mains.

J’ai toujours été attiré par les librairies, certaines personnes lorsqu’elles arrivent dans  une ville, ne peuvent la quitter sans avoir visité son église, je cherche toujours quant à moi si elle abrite une librairie, et je ne peux résister au plaisir d’en admirer la vitrine et d’y pénétrer afin d’y découvrir à travers les coups de cœur soigneusement accroché aux livres, les personnalités de ceux qui la font vivre. Et cela est encore plus vrai aujourd’hui. 

 

Travailler dans une grande librairie c’est…

Travailler dans une grande librairie, c’est travailler dans un véritable lieu de vie, un lieu qui abrite des milliers de références, donc des milliers de potentialités : de voyages à faire, de sentiments à éprouver, de personnages à rencontrer, de tableaux à contempler.

Travailler dans une grande librairie, c’est travailler avec des dizaines des libraires (mais pas que) qui connaissent leur rayon sur le bout des doigts, des collègues qui sont heureux de dénicher pour un client le livre avec lequel il voudrait repartir, mais dont il ne connaît au mieux qu’un bout du titre, au pire que le nom  tronqué de l’auteur.

 

Mais c’est aussi…

Mais travailler dans une librairie, c’est aussi prendre conscience  que c’est un lieu que certains redoutent, appréhendent comme un temple réservé à une élite. Un lieu dont ils n’oseront jamais pousser la porte, pensant que le prix du livre y est plus élevé qu’en supermarché ou sur internet, que les libraires ne sont pas accessibles et qu’il y encore beaucoup de travail à faire, pour les amener à venir nous rencontrer ou à commander sur le site de la librairie plutôt que de dégainer leur téléphone pour commander sur celui dont je ne souhaite pas prononcer le nom (et non il ne s’agit pas de Voldemort, quoique… 😉  ). C’est également surprendre parfois le regard perdu d’une personne qui franchit pour la première fois le seuil, mais que nous rassurons d’un bonjour et d’un grand sourire.

Travailler dans une grande librairie, c’est tout ça et bien plus encore, mais je ne vous raconterai pas tout ici. Car j’ai bien envie d’y revenir plus tard, de lever un bout du voile de temps à autre. Ça vous dit ?

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I’m a hybrid girl

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Mon blog est à l’abandon depuis plusieurs mois et même si l’envie de lui redonner vie m’a souvent effleurée, j’étais passée reine dans la fabrication d’excuses pour ne surtout pas m’en approcher.

« Je n’ai pas le temps, je suis crevée », « J’écris déjà toute la journée pour le blog de la librairie », « J’ai perdu la main pour écrire mon ressenti », « Je ne lis plus assez », voici un condensé des plus belles excuses que je me suis inventées pour ne pas me remettre à écrire ici.

Ma diète « bloguesque »

Sauf, que tout ceci n’était que de superbes échappatoires. Parce lorsque l’on veut, je suis intimement persuadée qu’on peut : on peut trouver le temps matériel et le temps de cerveau disponible pour ce qui nous passionne. Durant cette diète bloguesque, écrire ici mes ressentis de lecture m’a manqué, évidemment. Certes, je passe une grande partie de mes journées à bloguer, et oui – pour ceux qui ont manqué un épisode, je suis depuis près d’un an la Community Manager d’une belle et grande librairie rennaise et je suis également administratrice et rédactrice de son blog – c’est un exercice passionnant, enrichissant et épanouissant professionnellement, mais suivre une ligne éditoriale que j’ai fixée pour le blog de la librairie n’est absolument pas la même chose que de bloguer pour soi.

Alors pourquoi, me suis-je si longtemps éloignée de mon blog me demanderez-vous ? Je me suis longtemps posé la question, j’ai enfin accepté d’y réfléchir et j’ai trouvé la réponse, c’est en partie pour cela que j’ai enfin repris mon clavier.

Blogueuse : un statut difficile à assumer

J’ai longtemps eu du mal à trouver ma place dans la blogosphère,dans ce monde qui a évolué à une vitesse hallucinante. J’ai créé mon blog en 2012, je voyais meellylit comme un carnet de lecture dans lequel je consignais mes impressions, mes ressentis. Très vite, j’ai reçu des sollicitations de maisons d’édition et j’ai soyons honnête, adoré cela, c’était presque grisant, et j’ai vu aussi des blogueurs prendre la grosse tête, estimer que les SP étaient des dus. Parallèlement comme tout mordu de littérature, je continuais à fréquenter des librairies, à échanger avec des libraires qui peinaient à obtenir des SP, véritables outils de travail pour eux, alors que moi, la blogueuse, j’en recevais très souvent sans même avoir eu à les demander. Nombre de libraires ont pu avoir à un moment ou à un autre une image pas très reluisante de la blogosphère, et j’ai donc eu toujours du mal à assumer mon statut de blogueuse.

Mon blog, ma carte de visite

Pourtant mon blog a été également une véritable carte de visite qui m’a permis d’être remarquée et recrutée par le directeur d’une grande librairie qui m’a dès le départ fait confiance. Jamais aucun de mes collègues libraire ne m’a fait la moindre réflexion, où ne m’a  fait sentir que je venais d’un autre monde, bien au contraire, j’ai eu la chance d’être accueillie à bras ouverts, mais c’était sans compter ma propension à a voir du mal à assumer ma place. Et parce sans même m’en rendre compte, je me suis mise à croire que le monde des blogs et celui de la librairie étaient difficilement compatibles, j’ai mis mon blog en jachère.

Le blog, un tremplin ? Peut-être bien…

Je m’aperçois aujourd’hui qu’il n’en est rien. La preuve, grâce à mon blog  j’occupe aujourd’hui mon poste à la librairie. La blogosphère est d’ailleurs de plus en plus un formidable tremplin pour nombre d’entre nous. Certains sont les initiateurs de magnifiques mouvements, je pense notamment à Charlotte qui a pensé et mis sur pied les « 68 premières fois«  et bien d’autres belles choses encore. D’autres ont pris la plume et publie leur premier roman comme Nicolas, dont j’ai toujours pensé qu’il était plus auteur que blogueur, Agathe ou encore Alexandra. Ils suivent des chemins qu’avaient déjà empruntés Sophie, Stéphanie, Fanny et j’en oublie probablement d’autres.

I’m a Hybrid girl et je suis enfin fière de l’être

Alors voilà, comme le dit si bien Baptiste Beaulieu, j’ai décidé que j’avais la chance d’être une « Hybrid girl » : un pied dans le monde de la librairie, un autre dans celui de la blogosphère. J »ai l’immense privilège de pouvoir vivre en exerçant un métier que j’adore et de pouvoir continuer à écrire ici pourquoi me mettre des barrières là où il n’y en a pas ?

So, I’m back ! (Peut-être pas aussi souvent qu’autrefois mais régulièrement 🙂 )

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