DELIVRANCE- Jussi ADLER OLSEN

À Wick, aux confins de l’Écosse, une bouteille en verre dépoli traine depuis des années sur le rebord d’une fenêtre du commissariat. À l’intérieur, une lettre que personne n’a remarquée. Et quand on l’ouvre enfin, personne ne se préoccupe non plus de savoir pourquoi les premiers mots, Au secours, sont écrits en lettres de sang et en danois…

La lettre finit par arriver sur le bureau des affaires classées de Copenhague où l inspecteur Carl Mørck croit à une mauvaise plaisanterie. Mais quand Carl et ses assistants, Assad et Rose, commencent à déchiffrer le message, ils réalisent qu’il a été écrit par un jeune garçon enlevé avec son frère dans les années 90. Cet SOS serait leur dernier signe de vie. Qui étaient-ils ? Pourquoi leur disparition n’a-t-elle jamais été signalée ? Sont-ils encore en vie ?

Carl et Assad progressent lentement dans l univers glacé et calculateur du kidnappeur pour découvrir que le monstre est encore en activité.

 

 

 Certains aiment encore à penser que le thriller est sous-genre, une sous-catégorie de la littérature voire une non-catégorie. Je suis loin de partager cet avis. J’aime la mécanique bien huilée d’un bon thriller écrit au scalpel, toujours sur le fil, qui vous plaque sur votre fauteuil dès les premiers paragraphes, et vous laisse pantelant à la lecture du dernier mot, de la dernière syllabe.

 

Le troisième opus du danois Jussi Adler Olsen fait, il me semble partie de ceux-là. Encore un auteur de cette nouvelle vague d’auteurs polars de thriller venus du froid me direz-vous. Certes, vous répondrais-je, mais pas que… Au travers de cette série du département V, Jussi Adler Olsen ne se contente pas de délivrer une histoire de sérial killer bien ficelée dans laquelle se mêle horreur, rebondissements et bons sentiments. Il dresse aussi l’esquisse d’une société danoise qui diffère quelque peu de l’image que l’on nous renvoie souvent des sociétés scandinaves, modèles de probité, d’intégration et de progressisme. La réalité n’est pas aussi simple, la société danoise est elle aussi gangrénée par la violence, le racisme et par une certaine forme de communautarisme et de sectarisme. Jussi Adler Olson adosse avec beaucoup d’habileté la structure de son récit sur ces difficultés sociétales exacerbées par la crise économique, et propose un récit véritablement en prise avec la réalité danoise.

 

Si karl Mocrk est, somme toute l’archétype du policier qui a raté sa vie privée et qui fait fie de la hiérarchie et n’a donc rien de très original, il n’est est pas de même pour les deux assistants du chef du département V. L’aura de mystère qui entoure Rose et Assad est assurément un des éléments qui poussent les millions de lecteurs à travers l’Europe à suivre les aventures de ce trio parfois un peu déjanté. Si Délivrance, ne renouvelle pas le genre, et n’est pas le polar de la décennie, il n’en demeure pas moins un thriller de bonne facture, qui procure quelques bonnes heures de détentes.

 

 

LES PETITES PHRASES :

 

  • « Chez lui il, y avait certes une vie, mais ce n’était pas la sienne. Quand il était sur son lieu de travail, il avait envie d’être ailleurs. Il n’avait aucun hobby et ne pratiquait aucun sport. Il détestait sortir avec des gens qu’il ne connaissait pas et il n’avait pas assez soif pour noyer son chagrin dans les bars. »

 

Édition présentée : Délivrance, Jussi Adler Olsen

Albin Michel

2013, 664 p.

 

Lu dans le cadre de Masse critique, Merci à babelio et aux Éditions Albin Michel

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